Méthodologie : comment fonctionne la prédiction
Le principe qui rend ce problème solvable n'est pas de prédire les cours du pétrole — personne ne sait faire ça de façon fiable — mais d'exploiter un fait plus modeste et vérifiable : il existe un retard de répercussion de quelques semaines entre les prix de gros du pétrole (déjà connus publiquement) et les prix à la pompe.
Les prix utilisés pour calculer cette prédiction proviennent directement des données officielles publiées par le gouvernement français (prix-carburants.gouv.fr), la même source que le reste du site. Le modèle a été testé sur 19 ans de cet historique avant sa mise en ligne.
Le signal principal : l'écart pompe-théorique
Chaque jour, on calcule un prix théorique = cours du pétrole (converti en €/L) + taxes (TICPE, TVA) + une marge de distribution calibrée sur les 12 derniers mois glissants. Quand le prix réellement observé à la pompe s'écarte fortement de ce prix théorique, il y a de bonnes chances qu'une correction arrive dans les jours suivants. Sur nos tests, c'est de loin le signal le plus utile du modèle.
Les autres signaux utilisés
- La variation récente des cours du pétrole (même jour, et sur 5/10 jours).
- La marge apparente des distributeurs, comparée à sa propre moyenne récente.
- La volatilité récente des cours (sert au seuil de fiabilité, voir plus bas).
Ce qu'on ne prédit pas — et une idée reçue que nos propres données contredisent
On ne prédit pas les chocs géopolitiques, les décisions de l'OPEP ou les catastrophes naturelles — personne ne le peut de façon fiable. C'est pour ça que la prévision se met en pause (voir ci-dessous) quand le contexte devient anormalement instable.
On a aussi testé sérieusement deux idées reçues sur la tarification des carburants, avant de les intégrer ou non au modèle :
- « Les hausses du pétrole sont répercutées plus vite que les baisses » (l'effet dit « rockets and feathers », bien documenté dans la littérature économique internationale). Sur nos données françaises, ce n'est vrai de façon nette que pour le gazole. Pour les essences, en période calme, la répercussion des baisses est aussi rapide — parfois plus rapide — que celle des hausses. Et depuis 2022, la relation devient trop instable pour en tirer une règle fiable, quel que soit le carburant. On ne présente donc pas cette idée comme un fait établi, même si certains signaux qui s'y rattachent restent utiles au modèle.
- « Les prix montent avant les grands départs en vacances ». Sur 19 ans de données, on observe l'inverse : les prix ont plutôt tendance à légèrement baisser ces week-ends-là — un résultat probablement lié à la saisonnalité générale des cours plutôt qu'à un vrai comportement des distributeurs. Là encore, on préfère rapporter ce que les données montrent plutôt que l'idée qui circule.
Le seuil de silence
En dessous de 1€ d'écart estimé sur un plein de 50L, la prévision affiche « peu d'importance cette semaine » plutôt que de forcer une recommandation. C'est le cas la majorité du temps (75 à 95% des jours selon le carburant) — et c'est un résultat sain, pas un échec du modèle : il vaut mieux ne rien dire que d'inventer un signal qui n'existe pas.
Le contexte volatil et la prévision suspendue
Quand les cours du pétrole bougent beaucoup plus que d'habitude, deux niveaux d'alerte s'appliquent : au-delà d'un premier seuil, la prévision s'affiche normalement mais avec un badge « contexte volatil » ; au-delà d'un second seuil, plus élevé, la prévision est entièrement suspendue plutôt que risquer une recommandation dans un contexte trop incertain.
La prévision peut aussi être suspendue pour une raison différente : si les cours du pétrole ou le prix national d'un carburant ne sont pas assez récents (source indisponible ou en retard de publication), plutôt que de calculer un résultat sur une base incomplète. C'est un garde-fou distinct de la volatilité.
Pourquoi l'E85 n'a pas de prédiction
L'E85 a un historique encore trop court et trop irrégulier pour qu'un modèle fiable ait pu être validé — nous préférons ne pas prédire plutôt que d'afficher un résultat non vérifié.
Comment le track record est mesuré
Chaque recommandation est réévaluée automatiquement, sans intervention humaine, 7 jours après avoir été émise, en la comparant au prix réellement constaté. Les recommandations neutres ne sont pas comptées comme « correctes » ou « incorrectes » — elles n'affirmaient aucune direction. Le taux de réussite affiché porte sur les 90 derniers jours et n'apparaît qu'à partir de 30 évaluations, pour rester statistiquement significatif. Aucune mauvaise évaluation n'est retirée après coup.